Souveraineté corporelle, 10 livres fondateurs, de Spinoza à Gabor Maté
La souveraineté commence par le corps. Pas par un régime, pas par une app de méditation, pas par un coach à 80 € la séance. Par la compréhension de ce qui vous a été pris, et comment le récupérer. Ces livres ne vous promettent rien. Ils vous expliquent.
« On ne sait pas ce que peut un corps. » Spinoza détruit le dualisme cartésien : l'esprit n'est pas le pilote du corps, il en est l'idée. Pas de libre arbitre au sens classique, mais une puissance d'agir qu'on peut augmenter ou diminuer. La joie augmente cette puissance, la tristesse la diminue. Le livre le plus difficile et le plus libérateur de toute la philosophie occidentale.
philosophieaffectpuissanceLe corps n'est pas une chose parmi les choses, c'est ce par quoi il y a des choses. Merleau-Ponty réhabilite le corps vécu contre le corps-objet de la science. Le « schéma corporel », la « chair du monde », le corps comme « être-au-monde ». Après ce livre, la perception n'est plus un problème d'optique, c'est le fondement de l'existence.
phénoménologieperceptioncorpsQui décide que vous êtes malade ? Canguilhem renverse la médecine positiviste : la maladie n'est pas un écart par rapport à la norme, c'est une autre norme de vie. Le normal n'existe pas en soi, il est toujours normatif. Thèse de médecine devenue thèse de philosophie. Le maître de Foucault.
médecinenormephilosophieLe pouvoir moderne ne s'exerce plus sur les territoires mais sur les corps et les populations, c'est la biopolitique. Du droit de mort du souverain au « faire vivre et laisser mourir ». Quand l'État gère la santé, la natalité, l'hygiène, les épidémies : il gouverne la vie elle-même. Indispensable pour comprendre pourquoi la souveraineté corporelle est un enjeu politique.
biopolitiquepouvoirsantéThèse explosive : la médecine moderne est devenue la principale menace pour la santé. L'« iatrogenèse », le mal causé par le remède, est clinique, sociale et culturelle. La société médicalisée exproprie l'individu de sa capacité à souffrir, à guérir et à mourir. Illich ne refuse pas la médecine : il refuse la dépossession.
médecinecritiqueautonomieNeurobiologiste, chirurgien, inclassable. L'homme qui ne peut ni fuir ni combattre tombe malade, c'est l'inhibition de l'action. Quand le corps ne peut pas bouger, il s'autodétruit. Laborit propose la fuite : non pas la lâcheté, mais l'invention de nouvelles voies. Resnais en a fait un film.
neurobiologiestresslibertéÉmission radiophonique censurée le jour de sa diffusion. Artaud invente le « corps sans organes », un corps libéré de l'organisation que Dieu, la société, la médecine lui imposent. Cri pur, performance sonore, poésie de la dislocation. Si tous les autres livres de cette liste analysent la dépossession du corps, Artaud la hurle.
poésiecorpsrévoltePsychiatre, 30 ans de clinique du trauma. Le traumatisme n'est pas un souvenir, c'est une empreinte corporelle. Le corps garde la trace de ce que l'esprit a oublié ou refusé. Révolutionne la compréhension du stress post-traumatique, de l'addiction, de la douleur chronique. Best-seller mondial pour une raison : il dit vrai.
traumaneurosciencescorpsLe corps dit non quand la bouche ne le peut pas. Le stress chronique, la suppression des émotions, le « sois gentil » permanent détruisent le système immunitaire. Cancer, sclérose, maladies auto-immunes : le corps parle quand on le fait taire. Documentation clinique rigoureuse, écriture accessible.
santéstressémotionsFrancisco Varela, neuroscientifique chilien, croise les sciences cognitives et la philosophie bouddhiste. L'esprit n'est pas dans la tête, il est « enacté » par le corps vivant dans son environnement. Pont entre neurosciences, phénoménologie et traditions contemplatives. Le livre qui ferme la boucle ouverte par Spinoza.
cognitionbouddhismeneurosciencesCette sélection n'est pas exhaustive. Elle évolue avec les lectures du fondateur, les suggestions des habitués, et les livres qu'on découvre en fouillant les cartons. Si vous avez un titre à proposer, venez en parler.